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24 février 2020

Deux Françaises au Québec


Voici le quatrième article écrit par Martine Verreault, professeure de français à AFSL Pro au Québec : elle a interviewé deux de ses collègues françaises vivant au Québec depuis quelques années. Elles nous partagent leur expérience avec le français québécois.





Pour cet article, j’ai interviewé deux collègues d’origine française sur leur perception de l’accent québécois. Je vous les présente : Nadia, originaire des Vosges, a immigré au Québec il y a 20 ans. Virginie a surtout vécu dans les pays de la Loire; elle habite à Montréal depuis bientôt dix ans. C’est dire qu’elles sont maintenant parfaitement familières avec l’accent du Québec. Voici un compte rendu de notre conversation…

Martine : À votre arrivée, que saviez-vous de l’accent québécois ? À quoi vous attendiez-vous ?

Virginie : J’y avais été un peu exposée car ma mère et moi suivions une série télévisée québécoise qui s’appelait « Les filles de Caleb ».

Nadia : Je connaissais Roch Voisine et Céline Dion; j’avais remarqué que leur accent était plus prononcé lorsqu’ils s’adressaient au public que dans leurs chansons. Mais je comptais surtout sur le fait que les Québécois me comprendraient sans mal.

Martine : Avez-vous été parfois surprises ?

Virginie : Oui. J’ai commencé à enseigner l’anglais cinq jours seulement après mon arrivée à Montréal. Quand mes étudiants parlaient de leurs chars, l’image que j’avais en tête était celle de chars d’assaut, pas du tout celle de voitures. Même chose pour la poussette de mon bébé, que les gens appelaient « carrosse », ce qui me faisait penser aux contes de fées. (rires)

Nadia : Moi, j’ai remarqué que les jurons et les anglicismes n’étaient pas les mêmes au Québec qu’en France. Ici, par exemple, on utilise des verbes comme canceller pour annuler, céduler pour inscrire à l’horaire et on les conjugue à tous les temps !

Virgine : Et il y a des phrases comme « pour faire une longue histoire courte » qui est un calque de l’anglais « to make a long story short ». Je n’avais entendu ça nulle part avant. Et puis, j’ai eu la bonne surprise d’entendre des mots que disait souvent ma grand-mère normande : bas pour chaussettes, chandail pour pull-over et souliers au lieu de chaussures. Ça m’a vraiment fait chaud au coeur.

Martine : C’est un peu normal : la plupart de nos ancêtres sont venus de Normandie. Y a-t-il eu d’autres mots ou d’autres expressions exotiques ?

Virginie : Le nom des repas : déjeuner-dîner-souper au lieu de petit-déjeuner, déjeuner, dîner. La laveuse et la sécheuse pour le lave-linge et le sèche-linge.

Nadia : La prononciation à la française de certains noms de villes m’a étonnée : Lossangèle pour Los Angeles, et Boston, Baie d’Hudson qui riment avec garçon.

Martine : Je pense que ça vient du fait qu’autrefois, la plupart des enseignants appartenaient à des communautés religieuses. Ces gens-là accordaient énormément d’importance à la préservation de la langue française. On disait alors que la foi était gardienne de la langue et la langue, gardienne de la foi.

Nadia : Moi, ce qui m’a étonnée, c’est que copain-copine, c’est « chum » et « blonde ».

Virginie : Ah oui ! Moi, quand j’ai entendu « ma chum de fille », j’étais complètement perdue. Puis j’ai compris que ça voulait tout simplement dire « mon amie ». Et pour la blonde… en France, si on te dit « t’es blonde, toi », c’est pas flatteur…

Martine : Mais, icitte aussi, se faire traiter de blonde, c’est se faire traiter de niaiseuse, t’sé.

Nadia : Icitte, niaiseux, niaiseuse et t’sé, voilà d’autres mots typiquement québécois.

Martine : Ok : ici, niais, niaise et tu sais ! (rires) En ce qui concerne la syntaxe, avez-vous noté des différences ?

Nadia : Oui, le -tu qu’on ajoute à la fin d’une question. « Tu veux-tu ? » et même « Il veut-tu ? »

Virginie :  Le pronom « que » qu’on utilise au lieu de « dont ». L’emploi de « nous autres », dans des phrases comme « il vient avec nous autres ».

Nadia : Et « chez vous » au lieu de « chez toi », par exemple « tu t’en vas chez vous » au lieu de « chez toi » et aussi le « là » ou le « là, là » à la fin des phrases.

Virginie : Ce que j’ai trouvé surprenant, c’est à quel point le tutoiement est répandu. Quelqu’un qui ne te connaît pas du tout peut s’adresser à toi en te tutoyant et c’est tout à fait normal. Et le « Bonjour, ça va bien ? » qu’on se fait dire dans les magasins. Je me demande quelle serait la réaction de la vendeuse, si on lui répondait que ça va mal…

Martine : Elle ne saurait pas quoi dire ; ton rôle à toi, c’est de répondre : « Bien », point final.

Nadia : Il y a aussi « bonjour » à la fin d’une conversation, l’expression « bon matin », le mot écoeurant qui veut dire tout le contraire en France …

Martine : C’est vrai que le mot « écoeurant », ça peut être extrêmement positif, ici.  On entend souvent des choses comme : « C’est écoeurant comme c’est beau ! », « C’est bon, c’est écoeurant ! » Aussi absurde que ça paraisse, c’est très élogieux. Mais attention ! Si tu traites un gars d’écoeurant, tu le traites de salaud.

Nadia : Il y a aussi tout le vocabulaire associé au climat comme la poudrerie, la sloche qui est un mélange d’eau et de neige sale, le facteur vent et l’humidex dont parle la météo ainsi que l’expression « attache ta tuque… 

Martine : … avec de la broche », c’est-à-dire « Prépare-toi à affronter le pire », la broche étant en fait du fil de fer.

Nadia : Et une expression que j’adore : Tiguidou !

Martine : Qui équivaut à « Super ! » ou à « Parfait ! ». Pour conclure, si vous aviez un conseil à donner aux Français qui prévoient immigrer au Québec, que leur diriez-vous ?

Nadia et Virginie : Qu’au Québec, c’est eux qui ont un accent.

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17 février 2020

Le discours rapporté au passé : la concordance des temps


Quand on rapporte au passé un fait exprimé au présent ou à l’imparfait de l’indicatif, on emploie l’imparfait.

Fait au présent ou à l’imparfait 

Il fait beaucoup de sport. 
 Elle faisait très attention à sa ligne.

Discours rapporté au passé
 
  Il a avoué qu’il faisait beaucoup de sport.
Elle a avoué qu’elle faisait très attention à sa ligne.

Quand on rapporte au passé un fait exprimé au passé composé ou au plus-que-parfait, on emploie le plus-que-parfait.

Fait au passé composé ou au plus-que-parfait 

Ça m’a choqué !
Ça l’avait surpris.

Discours rapporté au passé 

Il a affirmé que ça l’avait choqué
Il a déclaré que ça l’avait surpris

Quand on rapporte au passé un fait exprimé au futur simple, on emploie le conditionnel présent.

Fait au futur simple

Il partira en vacances en Italie.


Discours rapporté au passé

Il a dit qu’il partirait en vacances en Italie.


Quand on rapporte au passé un fait exprimé au futur antérieur, on emploie le conditionnel passé.
 
Fait au futur antérieur

Il sera arrivé avant elle.

Discours rapporté au passé

Il a assuré qu’il serait arrivé avant elle.

Quand on rapporte au passé un fait exprimé au conditionnel présent ou au conditionnel passé, on ne change ni de temps ni de mode.

Fait au conditionnel présent 

Elle aimerait beaucoup le rencontrer. 
Il aurait aimé la connaître.

Discours rapporté au passé

Elle a déclaré qu’elle aimerait beaucoup le rencontrer.
Il a avoué qu’il aurait aimé la connaître.

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10 février 2020

Des expressions en français ayant pour référence la musique

 pisser dans un violon, expression française, musique, fle, le FLE en un 'clic'

Dans la vie quotidienne, on emploie plusieurs expressions dans lesquelles on retrouve un mot qui fait référence à la musique. Dans cet article, on va vous en expliquer quelques-unes :

Aller plus vite que la musique s’emploie quand on veut dire qu’on est trop pressé. C’est une expression synonyme de “aller plus vite que les violons” apparue au XIXème siècle. 

C’est toujours la même chanson veut tout simplement dire que c’est toujours la même chose, c’est répétitif. Et donc, l’expression Changer de disque s’utilise par exemple pour demander à quelqu’un de parler d’autre chose. 

Chanter comme une casserole : quand on dit que quelqu’un chante comme une casserole c’est qu’il chante mal. Il chante faux. 

Pisser dans un violon s’emploie quand on fait quelque chose d’inutile : “ c’est comme si on pissait dans un violon, ça ne sert à rien ”.

Un réveil en fanfare n’est jamais très agréable. En effet, quand on se réveille en fanfare c’est qu’on se réveille brutalement.

En connaissez-vous d’autres ? Partagez-les en commentaires !

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3 février 2020

Les Victoires de la musique


Les Victoires de la musique, chanson, fle, le FLE en un 'clic'


La cérémonie des Victoires de la musique est un événement pendant lequel des récompenses sont octroyées aux artistes francophones de musique de variétés. Elle existe depuis 1985. Jusqu’en 1994, les Victoires de la musique regroupaient tous les genres. Cette année-là, les Victoires de la musique classique ont été créées, regroupant le jazz et la musique classique. C’est en 2002, qu’ont été créées les Victoires du jazz.

Elles sont considérées comme étant les Grammy Awards français ou encore comme l’équivalent musical des César.

Les artistes ayant obtenu le plus de récompenses sont Matthieu Chedid, Alain Bashung et Johnny Hallyday.

En 2019, la Victoire de la musique “ artiste révélation scène ” a été décernée à Clara Luciani. Nous avons publié une de ses chansons, “ Monstre d’amour ” que vous pouvez retrouver ici :


En 2019, la Victoire de la musique “ album révélation ” a été décernée à Angèle et son album “ Brol ”, dont la chanson “ Balance ton quoi ” est tirée. Écoutez cette chanson et faites les exercices en téléchargeant notre fiche de travail en PDF :

 


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27 janvier 2020

Les descriptions morales et physiques à la québécoise


Voici le troisième article écrit par Martine Verreault, professeure de français à AFSL Pro au Québec : elle nous explique les descriptions morales et physiques en français québécois.


Certains termes propres au français québécois permettent de décrire une personne en un ou deux mots. Mais encore faut-il les connaître pour les comprendre. En voici donc quelques-uns...

Un flo ou une floune, c'est un gamin, une gamine, tout comme un Ti-cul, terme qui peut aussi s'employer pour un homme de petite taille.

Avoir un coco, c'est être chauve.

Si on vous dit d'une personne que c'est une pièce, pensez à quelqu'un de grand et de costaud, probablement doté d'une grande force physique. À l'inverse, le terme fausse-couche s'applique à l'avorton.

Une (grosse) toutoune, c'est une femme qui fait de l'embonpoint ou qui est franchement obèse. À ne pas confondre avec la poupoune, qui est une jeune femme très, voire trop, pomponnée.

Un (méchant) pétard est une personne - homme ou femme - d'une grande beauté. Bref, il s'agit d'un canon, d'une bombe.

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Une bonne fourchette, c'est celui ou celle que la nature a doté d’un solide appétit.

Le Jos Connaissant ou Ti-Jos Connaissant, c'est quelqu'un qui prétend tout connaître et qui, comptant sur une science habituellement infuse, peut parfois jouer les apprentis-sorciers. Il est également possible de qualifier une telle personne de grand talent, ce qui revient strictement au même.

Tout aussi imbu de lui-même, le Frais-chié ou Péteux de broue préfère quant à lui se faire remarquer. C'est d'abord et avant tout un m'as-tu-vu qui ne voudrait pour rien au monde passer pour ... un habitant. L'habitant, c'est l'antithèse du mondain évoluant dans les milieux branchés. Il faut savoir qu'au Québec, habitant signifie paysan. Utilisé péjorativement, ce mot signifie plouc, cul-terreux.

Le quétaine (ou kétaine) est ringard, kitsch, de mauvais goût ou simplement démodé.

Le sans-génie n'est pas toujours stupide. Il peut même être intelligent. Toutefois, il manque dramatiquement de jugement et de bon sens et prend de très mauvaises décisions.

Le Ti-Clin, c'est un homme sans envergure ni importance, tout comme les (petits) mononcles et les (petites) matantes, qui sont habituellement d'âge moyen, dont la vie est rangée, les actions tatillonnes et qu'on juge insignifiants.

Espèce menacée, le mangeux de balustre, ainsi appelé parce qu'il s'agenouille fréquemment devant la balustrade qui entoure le chœur d'une église, est un être pieux, dévot, voire même bigot.

Le baise-la-piasse, soit celui qui embrasse le dollar, est aussi radin et avare que le Séraphin dont nous avons déjà parlé dans un autre article.

L'ostineux, déformation du mot « obstiné », est parfois appelé contraireux. Quel que soit le nom qu'on lui donne, il s'agit d'un être désagréable et opiniâtre qui contredit tout ce que dit son interlocuteur par principe, par habitude et par besoin.

Le critiqueux, aussi appelé chiâleux, n'est guère plus charmant. En effet, quoi que vous fassiez, cet éternel insatisfait trouvera toujours à redire et à se plaindre.

La moumoune est un individu douillet, attaché à son confort, pusillanime et craintif de nature. Il peut également s'agir d'un homme efféminé, qu'il soit ou non homosexuel. Bref, la moumoune est une lavette, une lopette.

Le pissou quant à lui se contente d'être peureux.

Le licheux, dont le nom provient du verbe licher qui est lui-même une déformation de « lécher », vit bien souvent aux dépends de celui qui l'écoute. C'est, vous l'aurez compris, cet être servile et hypocrite qui pratique la flagornerie sans honte ni scrupule, le fayot dégoulinant d'obséquiosité.

Le pelleteux de nuages est un rêveur, un idéaliste dépourvu de sens pratique.

Le foireux est le fêtard par excellence.

Le patenteux est un bricoleur ingénieux et inventif qui se débrouille avec les moyens du bord.

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